Apprendre avec une récompense

« Est-ce qu’on apprend mieux quand on a du plaisir ? », c’est la question que nous nous sommes posée tout au long de nos expériences « Savanturiers du cerveau ».

Voici notre dernière expérience de l’année avec comme problématique spécifique : « Est-ce qu’on apprend mieux avec une récompense positive et moins bien avec une récompense négative ? »

Pour la récompense, les enfants ont choisi des bonbons : spécifiquement les bonbons « Harry Potter » qui ont pour particularité d’avoir un bon goût (pomme, citron, cerise…) ou un mauvais goût (savon, cérumen, vomi…). De quoi décourager les plus téméraires pendant l’expérience.

Par contre, après, par défi et curiosité, tout le monde a essayé de manger un bonbon au goût bizarre !

L’expérience a été réalisée deux fois, par précaution, comme pour les deux précédentes variables (musique et odeur).

A l’issue des 20 minutes d’apprentissage, les apprentis chercheurs ont fait passer une courte évaluation notée sur 10 à leurs testeurs afin d’évaluer leur efficacité.

Les supports d’apprentissage étaient :

  • Des mots de vocabulaire en anglais pour le premier essai
  • De la résolution de problèmes pour le deuxième essai

Après expérience et avec le recul, nous aurions certainement dû avoir des supports qui se ressemblaient pour pouvoir comparer les essais entre eux. A défaut, on peut au moins comparer les résultats de chacune des expériences de manière indépendante.

Pour analyser ces deux expériences, nous avons calculé la moyenne de points de chaque groupe, noté la note la plus haute et la plus basse puis réalisé un graphique.

Observations :

Les résultats du premier essai « récompense » ont montré que la moyenne du groupe plaisir dépassait de 1.53 point celle du groupe déplaisir. Toutes les notes du groupe plaisir sont au-dessus de 8/10, ce qui représente notre meilleur résultat et la note la plus basse du groupe déplaisir est de 6/10.

Les résultats du deuxième essai « récompense » ont montré que la moyenne du groupe plaisir dépassait de 0.2 point celle du groupe déplaisir. Les notes les plus basses sont de 4/10 dans le plaisir comme dans le déplaisir.

Dans l’ensemble, on compte 18 notes au-dessus de 6/10 (notre seuil « bonne note ») dans le plaisir et 14 dans le déplaisir.

On remarque que les résultats sont moins bons pour le deuxième essai, c’est-à-dire les problèmes.

C’est la première fois que nos deux essais tendent à avoir des résultats qui vont dans le même sens.

Notre interprétation :

1) Les deux expériences semblent indiquer que l’on travaille mieux quand on a la possibilité d’avoir une récompense positive même si la différence de moyenne est faible dans le cas du deuxième essai.

Pour expliquer ces résultats, les élèves ont émis deux hypothèses :

  • Soit les élèves étaient motivés par la récompense
  • Soit il y avait des élèves plus forts dans le groupe plaisir

2) On semble moins bien travailler avec une récompense négative : on avait choisi des bonbons avec un mauvais goût.

3) La résolution de problèmes semble être plus difficile dans l’ensemble que de mémoriser des mots de vocabulaire en anglais (résultats en accord avec ce que les enseignants peuvent habituellement observer).

CONCLUSION GÉNÉRALE sur les trois expériences réalisées autour de la problématique…

« Est-ce que l’on apprend mieux dans le plaisir et moins bien dans le déplaisir ? »

1) L’opposition musique et odeur agréables/désagréables ne semblent pas permettre de conclure : les résultats des enfants sont en général assez ressemblants à leurs résultats en situation de classe ordinaire, SAUF pour deux élèves qui ont été très perturbés par le bruit et dont les résultats ont nettement chuté.

2) Il semblerait que la variable « récompense » soit plus significative, sans permettre une conclusion définitive.

Les élèves travailleraient mieux en « gagnant » une récompense positive (ici un bonbon au bon goût mais on peut imaginer d’autres situations de classe comme laisser la possibilité aux élèves de choisir une activité en autonomie par exemple…).

Les élèves travailleraient moins bien avec une récompense négative (ici un bonbon avec un mauvais goût mais on peut imaginer des punitions, des lignes ou tout autre système négatif…).

Bien sûr, nos résultats peuvent difficilement être considérés comme valides d’un point de vue scientifique mais le but n’était pas là :

  • Les enfants ont pratiqué la démarche expérimentale sur l’apprentissage. Ils se sont questionnés, ont imaginé, réalisé puis analysé des expériences en portant dessus un regard critique.
  • Ils se sont questionnés sur leur propre processus d’apprentissage et là, c’est une réelle réussite. Chacun s’est montré motivé pour connaître sa note et en tirer des conclusions afin de mettre en parallèle l’acte d’apprendre et les conditions de son apprentissage.

Pour anecdote, il y a quelques jours, alors que la classe était bruyante, une élève a pris la parole en s’exclamant :

« Moins fort ! Vous savez bien que je ne peux pas travailler dans le bruit ! »

La réaction de la classe a été de rire puis… de se taire, signe que ces expériences ont une influence positive dans la classe.

Fin pour cette année mais nous reprenons l’an prochain, avec le même groupe d’élèves et d’autres questions à se poser sur les manières d’apprendre !

Et si d’autres classes nous rejoignaient dans nos expériences ???

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Une réflexion sur “Apprendre avec une récompense

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