La transmission de l’information peut-elle s’arrêter ou se perdre ? (1)

Première problématique de recherche :

« La transmission de l’information peut-elle s’arrêter ou se perdre ? »

                                              

Notre projet touche à sa fin et comme il s’est surtout déroulé sur les deux derniers mois, après un long questionnement sur le cerveau tout au long de l’année, nous publierons, après coup, des rétrospectives de son déroulement selon ce plan :

1) Qu’est-ce qu’une cellule nerveuse ? Définition des termes étudiés.

2) Comment se transmet l’information en temps ordinaire ?

3) Que se passe-t-il lorsque la transmission de l’information est perturbée ?  

4) Expérience de modélisation de la transmission synaptique.

Conclusion et prolongements

Hypothèses de la classe avant recherche : oui (tous).

  • L’information s’arrête quand on n’en a plus besoin.
  • Quand on dort, on oublie des choses.
  • Quand les neurones se détachent.
  • Quand des neurones arrêtent de fonctionner (renouvellement, maladie, vieillesse).
  • Quand on a des problèmes de mémoire.
  • Les neurones, c’est comme des êtres humains (se renouvellent, vieillissent, meurent), “à chaque fois il y en a des nouveaux qui arrivent”.

1) Qu’est-ce qu’une cellule nerveuse ? Définition des termes étudiés.

Les enfants ont commencé par chercher des hypothèses à l’oral ou à l’écrit avant d’effectuer des recherches par groupes pendant deux séances. Ces recherches se sont effectuées en groupes par tirage au sort des mots à rechercher (tous outils disponibles : dictionnaires, livres, tablettes). Une séance de mise en commun a permis de confronter et de compléter les nouvelles connaissances des groupes en choisissant les définitions à conserver selon des critères de compréhension et de fiabilité des sources utilisées.

  1. neurone : Cellule de base du tissu nerveux, capable de recevoir, d’analyser et de produire des informations. (La partie principale, ou corps cellulaire du neurone est munie de prolongements, les dendrites et l’axone.) (Larousse)
  2. corps cellulaire : partie centrale qui inclut le noyau d’un neurone, dont les parties périphériques sont l’axone et les dendrites. (Wiktionnaire)
  3. axone : fibre nerveuse, prolongement du neurone qui conduit le signal électrique du corps cellulaire vers les zones synaptiques. (Wikipédia)
  4. dendrites : prolongement filamenteux du neurone servant à recevoir et conduire l’influx nerveux. (Futura Santé)
  5. noyau : partie centrale du corps cellulaire du neurone contenant le matériel génétique. (Vikidia)
  6. influx nerveux : L’influx nerveux, est une activité électrique transmise le long d’un axone sous la forme d’une séquence de potentiel d’action. (Wikipedia)
  7. potentiel d’action : Signal électrique unidirectionnel parcourant les axones (voir neurone), qui provoque la libération de neurotransmetteurs au niveau des synapses. (Futura Santé)
  8. synapse : Zone située entre deux neurones (cellules nerveuses) et assurant la transmission des informations de l’une à l’autre. (Larousse)
  9. neurotransmetteur : Un neurotransmetteur est une substance chimique (appelée également neuromédiateur), fabriquée par l’organisme, et permettant aux cellules nerveuses (neurones) de transmettre l’influx nerveux (message), entre elles ou entre un neurone et une autre variété de cellules de l’organisme (muscles, glandes). (Encyclopédie Vulgaris Médical)

Conclusion sur la cellule nerveuse :

La cellule nerveuse (appelée neurone) est l’unité fonctionnelle du cerveau. Chaque cellule est équipée pour recevoir l’information (par ses dendrites), l’intégrer (dans le corps cellulaire) et la transmettre (par son axone).

Le cerveau contient des milliards de neurones regroupés en réseaux remplissant différentes fonctions (perception, apprentissage, mémoire, motricité, …).

La zone de communication entre deux cellules nerveuses, c’est-à-dire entre une terminaison d’un axone et une dendrite, est appelée synapse. L’arrivée d’un influx nerveux à une synapse provoque la libération en dehors de la cellule de neurotransmetteurs qui sont captés par des récepteurs de la cellule cible qui, en réponse, sera activée ou inhibée.

Quand notre questionnement sur le cerveau aboutit à la réalisation d’un magazine numérique

Le questionnement initial très fourni des élèves de la classe a permis de réaliser un magazine numérique qui comprend :

  • les résultats des recherches réalisées en classe ou à la maison pendant les vacances
  • les réponses de Laurent Groc, directeur de recherches au CNRS, le parrain de notre projet neurosciences que nous avions rencontré en classe.

https://madmagz.com/fr/magazine/1077934#/

(des erreurs de typographie peuvent apparaître à la lecture selon le média utilisé, elles n’empêchent normalement pas la compréhension des informations)

Les amis imaginaires

Nous explorons aussi un deuxième thème en relation avec le cerveau : les amis imaginaires.

Nous comptons rédiger un questionnaire auquel nous répondrons puis nous le ferons ensuite passer à notre entourage et à des élèves de l’école.

Ce matin, chacun de nous s’est questionné : que voulons-nous savoir ?

Puis nous avons réalisé des dessins de nos propres amis imaginaires (avec leur prénom), des amis imaginaires que l’on imagine ou que l’on aimerait avoir pour ceux qui n’en ont pas.

La transmission d’information

Un de nos thèmes de recherche sur le cerveau est « la transmission de l’information ».

Voici nos questions pour lancer nos recherches Savanturiers.

  • Combien de temps dure la transmission de l’information ? (Laly).

Hypothèses : 2 minutes / 10 secondes / 5 millièmes de secondes / 15 secondes

  • Est-ce que la durée de la transmission est plus petite ou plus grande qu’une seconde ? (Manon).

Hypothèses : Plus petite qu’une seconde.

  • Est-ce que l’information met moins longtemps à aller de l’œil au cerveau qu’à circuler du pied au cerveau ? (groupe)

Hypothèses : 6 oui, 1 non, 1 « je ne sais pas »

  • Comment réagit le cerveau ? (Douae).

Hypothèses : Il dit d’enlever le doigt coincé dans la porte. (Douae) Il fait réagir. (Thalia) Il rougit et il a peur et donc il va bugger (Manon)

  • Pourquoi dès qu’on se fait mal on dit « aïe » et on pleure parfois ? (Thalia).

Hypothèses : Parce que c’est un mot qu’on a inventé quand on se fait mal (Laly). Parce que c’est un réflexe alors on trouve un mot bizarre (Manon). Quand tu tombes d’un toit et que tu as très mal, tu pleures (Thalia). Parce que tu ressens la douleur et ça te fait mal. (Douae) Pleurer est aussi un réflexe (Manon).

  • Comment les informations se transmettent-elles ? (Manon).

Hypothèses : Peut-être qu’il y a des fils qui font que l’information se transmet (Manon). Peut-être qu’on a plein de petites zones d’informations (Thalia). C’est comme si on avait une caméra dans notre corps et qu’on avait une image : le cerveau la « capte » (Laly).

  • Pourquoi on l’appelle la « transmission » d’ informations ?(Laly)

Hypothèses : Parce que dès qu’on a une information, elle est envoyée au cerveau (groupe).

 

 

Lancement du projet 2016-2017

Présentation de notre parrain de projet Savanturiers du cerveau.

Laurent Groc est docteur en neurophysiologie, directeur de recherche au CNRS. Au sein de l’Institut Interdisciplinaire de Neurosciences de Bordeaux, il dirige l’équipe « Développement et adaptation des circuits neuronaux » qui travaille plus spécifiquement sur la communication entre les neurones et les maladies psychiatriques.

http://www.iins.u-bordeaux.fr/research-teams-laurent-groc?lang=en

De manière simplifiée, l’activité de Laurent a pour but :

  • de comprendre le fonctionnement du cerveau, spécifiquement comment les neurones se parlent,
  • d’essayer de comprendre les maladies du cerveau pour aider à les guérir.

“Aujourd’hui, on ne connaît pas tout du cerveau. On en comprend une petite partie mais on essaie d’en apprendre plus.”

Pourquoi travailler sur un projet d’apprentissage par la recherche avec une classe d’école élémentaire ?

Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours été fasciné par la compréhension des lois qui régissent l’environnement. La science, son histoire, et ses avancées m’ont été inculqués par mon grand-père qui avait compris très tôt mon engouement pour ces questions. J’aurais rêvé avoir en classe des projets d’apprentissage par la recherche comme ceux dispensés par le programme des Savanturiers. Alors, aujourd’hui, je peux modestement être acteur d’un tel édifice et, qui sait, aider de jeunes enfants à entretenir la flamme de la science. C’est aussi simple que cela !

Merci Laurent d’avoir accepté de travailler avec nous cette année 🙂 (la classe)

Laurent est venu pour la première fois le 17 janvier 2017 dans notre classe pour se présenter. Les enfants avaient préparé quelques questions et en ont trouvé beaucoup d’autres à poser. Voici un exposé de leurs questions et des réponses apportées.

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Pourquoi appelle-t-on le cerveau “cerveau” ?

Le mot vient du latin « cerebellum », cela veut dire “petite glande”. « Cerebellum » est devenu « cerveau » en français. Le cerveau était considéré comme une petite glande que l’on a dans la tête.

Est-ce que le cerveau est la partie la plus importante du corps humain ?

Le cerveau ne peut pas fonctionner sans le reste du corps. Chaque partie du corps est très importante et a besoin des autres parties. Le cerveau est en contact permanent avec le reste du corps. Tout fonctionne ensemble.

Pourquoi le cerveau est-il le centre de notre intelligence ?

Il permet de vivre dans l’environnement et de rechercher ce qui est le plus important (manger, boire, se déplacer) et d’autres choses très importantes (apprendre). Cela permet de réagir face à l’environnement.

Comment le cerveau fait-il pour interagir avec le corps ?

Il y a deux façons d’interagir :

  • Avec le cerveau, la moelle épinière et les nerfs. Le cerveau reçoit en permanence de l’information, très rapide. Le nerf passe l’information sous forme électrique au cerveau et le cerveau renvoie l’information au reste du corps (Ex :“Contracte-toi pour enlever ton doigt”)
  • Des molécules sont fabriquées par le corps, les hormones. Le cerveau est capable de sentir ces molécules (par exemple, le stress). Le cerveau essaie de comprendre et de trouver des solutions. Il est en permanence à l’écoute.

Pourquoi quand on lève le bras gauche, c’est la partie droite du cerveau qui commande ?

Le cerveau est organisé en deux hémisphères chez beaucoup d’animaux. Chacun ne fonctionne pas de la même façon. Pourquoi ? Personne ne sait, c’est probablement lié à l’évolution de nos ancêtres aquatiques.

Est-ce que des nouveaux neurones se créent lorsque l’on grandit ?

Quand on est adulte, il y a juste deux zones qui produisent encore de nouveaux neurones :

  • le bulbe olfactif
  • l’hippocampe

donc le nombre de neurones reste à peu près stable toute la vie.

Pourquoi dans le bulbe olfactif ? L’hypothèse est que c’est une région souvent attaquée par les bactéries donc les neurones ont besoin d’être remplacés.

Certains cerveaux fonctionnent-ils moins bien que d’autres ?

Il existe des maladies du cerveau qui touchent une partie du cerveau : la partie du langage, de la mémoire… On essaie de les traiter avec des médicaments. Il est important de continuer à faire des recherches pour comprendre.

Comment êtes-vous sûr, dans une expérience, que l’on utilise la “bonne” technique ?

Par exemple, pour une expérience sur “Comment deux neurones se parlent entre eux ?”

Utilise-t-on :

  • une super loupe ?
  • appareil pour entendre le son ?
  • Est-ce qu’on le stimule ?

Il n’y a pas de « bonne technique » mais plusieurs techniques dans les laboratoires pour mieux comprendre un processus dans son ensemble.

Comment le cerveau fait-il un choix dans les informations à retenir ?

Histoire d’une découverte sur le cerveau, en lien avec le stress :

Quand on a peur, des molécules de stress sont libérées dans le cerveau. L’action en rapport, son but est d’éviter le danger. Ces molécules permettent de mettre en mémoire ces informations liées au danger.

Quand il y a danger mais que j’ai quand même besoin, “ça me fait peur mais en même temps, j’ai tellement faim”, on élabore des stratégies : faire le tour de la vipère, prendre un bâton… Le cerveau trouve des solutions.

Le processus identique pour la nourriture. Si vous êtes affamés, le nez sera alors très très fort pour détecter la nourriture.

Le cerveau des animaux est différent du nôtre mais fonctionne-t-il pareil ?

Entre espèces, les cerveaux ont des formes différentes mais les cellules sont les mêmes : les neurones sont présents et ont la même manière de se parler. Certains cerveaux sont plus ou moins complexes que d’autres selon leur organisation.

Est-ce que les animaux pensent comme nous ?

Manger, boire, éviter le danger : les premiers neurones répondent à ces fonctions de base. Vers midi, des molécules sont libérées qui provoquent la sensation de faim chez l’homme comme chez l’escargot. Par contre, d’autres neurones permettent de faire autre chose, comme apprendre.

Comment se forme l’imagination ?

L’imagination, c’est prendre les informations que l’on connaît pour les mélanger, un peu comme dans des photos dans des tiroirs. On assemble des choses que l’on connaît pour les assembler.

Les animaux ont-ils de l’imagination ?

Très probablement. Ils prennent des informations dans leur environnement. Il sont capables d’élaborer des stratégies pour se nourrir.

Comment on sait qu’un animal a de l’imagination ? C’est un travail de laboratoire, on réalise des expérimentations pour voir s’il est capable de résoudre un problème.

Comment se créent les pensées ?

De quelles pensées parle-t-on ? Il est important de se poser la question.

– la faim ?

– un souvenir ?

Ces différentes pensées ne sont pas au même endroit du cerveau. Les différentes régions sont responsables de différentes fonctions et donc de différentes pensées.

Pourquoi on dort ? Pourquoi fait-on des cauchemars ?

Le cerveau n’est pas éteint quand on dort. Il rejoue en partie ce que vous avez vu ou fait dans la journée. On a besoin de sommeil pour bien se rappeler.

Les cauchemars sont liés aux images de la journée (ou des jours d’avant) qui ont fait peur, qui ont provoqué du stress. Le cerveau reprend ces informations.

Les animaux font-ils des rêves ?

Probablement oui. On peut enregistrer l’activité du cerveau de la souris la nuit. Les cerveaux de l’humain et de la souris fonctionnent de la même manière.

Enfin, avant de partir, Laurent nous a donné quelques informations générales sur le cerveau. Nous les partageons avec vous.

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Il existe deux grands types de cellules dans le cerveau :

  • les neurones qui se parlent tout le temps
  • des cellules qui aident les neurones à fonctionner : les cellules gliales.

Dans le cerveau, il y a environ :

  • 100 milliards de neurones
  • 1 billion de cellules gliales (1×10^12)
  • 500 billions de synapes (500 x10^12) : autant que d’étoiles dans l’Univers !!!

Les synapses sont des espaces de communication entre deux neurones. Les molécules libérées excitent les neurones, l’information passe.

Le mot synapse vient du grec : syn (ensemble), haptein (toucher, saisir, donc connexion).

Il faut des microscopes très très puissants pour les voir (300 nm de long sur 20 nm de large) : les neurones ne se touchent pas. Il y a toujours besoin d’outils de plus en plus puissants pour voir ce qui est le plus petit.

« Quand on apprend, on crée de nouvelles synapses, on crée des chemins, cela permet de mettre en mémoire. Le nombre de synapses va énormément augmenter en grandissant, en enlevant et en créant de nouveaux chemins : les connexions se renforcent ou s’effacent selon qu’elles sont plus ou moins utilisées.« 

C’est fini ! A bientôt !!

 

Apprendre avec une récompense

« Est-ce qu’on apprend mieux quand on a du plaisir ? », c’est la question que nous nous sommes posée tout au long de nos expériences « Savanturiers du cerveau ».

Voici notre dernière expérience de l’année avec comme problématique spécifique : « Est-ce qu’on apprend mieux avec une récompense positive et moins bien avec une récompense négative ? »

Pour la récompense, les enfants ont choisi des bonbons : spécifiquement les bonbons « Harry Potter » qui ont pour particularité d’avoir un bon goût (pomme, citron, cerise…) ou un mauvais goût (savon, cérumen, vomi…). De quoi décourager les plus téméraires pendant l’expérience.

Par contre, après, par défi et curiosité, tout le monde a essayé de manger un bonbon au goût bizarre !

L’expérience a été réalisée deux fois, par précaution, comme pour les deux précédentes variables (musique et odeur).

A l’issue des 20 minutes d’apprentissage, les apprentis chercheurs ont fait passer une courte évaluation notée sur 10 à leurs testeurs afin d’évaluer leur efficacité.

Les supports d’apprentissage étaient :

  • Des mots de vocabulaire en anglais pour le premier essai
  • De la résolution de problèmes pour le deuxième essai

Après expérience et avec le recul, nous aurions certainement dû avoir des supports qui se ressemblaient pour pouvoir comparer les essais entre eux. A défaut, on peut au moins comparer les résultats de chacune des expériences de manière indépendante.

Pour analyser ces deux expériences, nous avons calculé la moyenne de points de chaque groupe, noté la note la plus haute et la plus basse puis réalisé un graphique.

Observations :

Les résultats du premier essai « récompense » ont montré que la moyenne du groupe plaisir dépassait de 1.53 point celle du groupe déplaisir. Toutes les notes du groupe plaisir sont au-dessus de 8/10, ce qui représente notre meilleur résultat et la note la plus basse du groupe déplaisir est de 6/10.

Les résultats du deuxième essai « récompense » ont montré que la moyenne du groupe plaisir dépassait de 0.2 point celle du groupe déplaisir. Les notes les plus basses sont de 4/10 dans le plaisir comme dans le déplaisir.

Dans l’ensemble, on compte 18 notes au-dessus de 6/10 (notre seuil « bonne note ») dans le plaisir et 14 dans le déplaisir.

On remarque que les résultats sont moins bons pour le deuxième essai, c’est-à-dire les problèmes.

C’est la première fois que nos deux essais tendent à avoir des résultats qui vont dans le même sens.

Notre interprétation :

1) Les deux expériences semblent indiquer que l’on travaille mieux quand on a la possibilité d’avoir une récompense positive même si la différence de moyenne est faible dans le cas du deuxième essai.

Pour expliquer ces résultats, les élèves ont émis deux hypothèses :

  • Soit les élèves étaient motivés par la récompense
  • Soit il y avait des élèves plus forts dans le groupe plaisir

2) On semble moins bien travailler avec une récompense négative : on avait choisi des bonbons avec un mauvais goût.

3) La résolution de problèmes semble être plus difficile dans l’ensemble que de mémoriser des mots de vocabulaire en anglais (résultats en accord avec ce que les enseignants peuvent habituellement observer).

CONCLUSION GÉNÉRALE sur les trois expériences réalisées autour de la problématique…

« Est-ce que l’on apprend mieux dans le plaisir et moins bien dans le déplaisir ? »

1) L’opposition musique et odeur agréables/désagréables ne semblent pas permettre de conclure : les résultats des enfants sont en général assez ressemblants à leurs résultats en situation de classe ordinaire, SAUF pour deux élèves qui ont été très perturbés par le bruit et dont les résultats ont nettement chuté.

2) Il semblerait que la variable « récompense » soit plus significative, sans permettre une conclusion définitive.

Les élèves travailleraient mieux en « gagnant » une récompense positive (ici un bonbon au bon goût mais on peut imaginer d’autres situations de classe comme laisser la possibilité aux élèves de choisir une activité en autonomie par exemple…).

Les élèves travailleraient moins bien avec une récompense négative (ici un bonbon avec un mauvais goût mais on peut imaginer des punitions, des lignes ou tout autre système négatif…).

Bien sûr, nos résultats peuvent difficilement être considérés comme valides d’un point de vue scientifique mais le but n’était pas là :

  • Les enfants ont pratiqué la démarche expérimentale sur l’apprentissage. Ils se sont questionnés, ont imaginé, réalisé puis analysé des expériences en portant dessus un regard critique.
  • Ils se sont questionnés sur leur propre processus d’apprentissage et là, c’est une réelle réussite. Chacun s’est montré motivé pour connaître sa note et en tirer des conclusions afin de mettre en parallèle l’acte d’apprendre et les conditions de son apprentissage.

Pour anecdote, il y a quelques jours, alors que la classe était bruyante, une élève a pris la parole en s’exclamant :

« Moins fort ! Vous savez bien que je ne peux pas travailler dans le bruit ! »

La réaction de la classe a été de rire puis… de se taire, signe que ces expériences ont une influence positive dans la classe.

Fin pour cette année mais nous reprenons l’an prochain, avec le même groupe d’élèves et d’autres questions à se poser sur les manières d’apprendre !

Et si d’autres classes nous rejoignaient dans nos expériences ???

Apprendre avec une bonne / une mauvaise odeur

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En classe, nous avons réalisé plusieurs expériences sur le thème de l’apprentissage avec une problématique générale : « Est-ce qu’on apprend mieux quand on a du plaisir ? »

Pour répondre, la classe a imaginé trois expériences opposant plaisir et déplaisir en testant trois variables différentes : la musique, l’odeur et la récompense.

La deuxième expérience, imaginée et réalisée par une équipe d’apprentis chercheurs, a posé la question suivante : « Apprend-on mieux avec une odeur agréable et moins bien avec une odeur désagréable ? »

Après avoir réalisé un support d’apprentissage puis une évaluation en relation avec les programmes scolaires (apprendre une leçon d’histoire), le groupe de chercheurs a tiré au sort les deux groupes de testeurs : un travaillant dans le plaisir, l’autre dans le déplaisir.

Comme l’odeur est aussi une variable qui peut avoir une influence sur toute la salle de classe, nous avons décalé les deux parties de l’expérience : chaque groupe de testeurs a pu faire son expérience pendant que l’autre moitié de classe travaillait en autonomie.

A l’issue des 20 minutes d’apprentissage, les apprentis chercheurs ont fait passer une courte évaluation notée sur 10 à leurs testeurs afin d’évaluer leur efficacité.

Ressentis des enfants après expérience :

Expérience apprendre l’histoire avec une bonne odeur (vanille) :

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« J’ai aimé la bonne odeur dans la classe pour apprendre l’histoire. » (Thalia)

« J’ai bien aimé l’odeur de la vanille mais je n’ai presque rien senti. » (Jasmine)

« J’ai aimé l’odeur de la vanille mais il y a des élèves qui me déconcentraient parce qu’ils demandaient plus de pshitt de vanille. » (Nina)

« J’ai aimé la bonne odeur de la vanille mais on était en train de travailler et en plus, les chercheur en mettaient trop. » (Manon)

Expérience apprendre l’histoire avec une mauvaise odeur (pieds) : 

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« C’était dur d’apprendre une leçon d’histoire avec la chaussure du voisin sur le bureau parce que ça sentait  pas très bon et ça m’a beaucoup déconcentrée. J’ai trouvé que je n’avais pas du tout appris pareil. » (Laly)

« Je ne sentais rien, ça me gênait pas. Je trouve que j’ai bien appris. J’aimerais bien recommencer. » (Jade)

« J’ai détesté la mauvaise odeur dans la classe pour apprendre l’histoire. » (Chloé)

Comme la première fois lors de l’expérience « musique », les enfants ont remarqué qu’ils avaient pu influencer leurs résultats par leur agitation pendant l’expérience ou bien par « excès » de bonne odeur (qui, pour certains est donc devenue mauvaise). Ils ont donc décidé de la réaliser une deuxième fois.

Pour analyser ces deux expériences, nous avons calculé la moyenne de points de chaque groupe, noté la note la plus haute et la plus basse puis réalisé un graphique.

Observations :

Les résultats du premier essai « odeur » ont montré que la moyenne du groupe plaisir dépassait de 0.6 point celle du groupe déplaisir et que les notes les plus basses se situaient dans le groupe déplaisir.

Les résultats du deuxième essai « odeur » ont montré que la moyenne du groupe déplaisir dépassait de 1.5 point celle du groupe plaisir et que les notes les plus hautes se situaient dans le groupe déplaisir.

Notre interprétation :

La première expérience semble indiquer que la mauvaise odeur empêche de bien travailler mais ce n’est pas le cas de la deuxième expérience, au contraire.

Etant donné que nos résultats s’opposent, les enfants ont essayé d’émettre des hypothèses pour les expliquer :

  • Peut-être que la mauvaise odeur ne dérange pas.
  • Peut-être qu’il y a eu plus de « forts » dans le groupe déplaisir pour la deuxième expérience.

Il est de nouveau difficile de conclure sur la question « Apprend-on mieux avec une odeur agréable et moins bien avec une odeur désagréable ? ».

« D’après les résultats de nos expériences, on peut penser que :

  • L’on n’apprend pas mieux avec une bonne odeur.
  • L’on n’apprend pas plus mal avec une mauvaise odeur.

L’odeur ne semble pas influencer notre apprentissage.

On pense que les mauvais résultats peuvent venir :

  • De stress
  • D’un manque de concentration
  • De la difficulté des exercices pour certains élèves  »