Conseils de créativité pour les adultes.

Il y a quelques semaines, les CE1 s’étaient longuement interrogés sur :

« Pourquoi les adultes sont-ils moins créatifs que les enfants ? »

cf https://savanturiersducerveau.wordpress.com/2018/02/03/les-enfants-plus-creatifs-que-les-adultes/

Pendant cette période, ce sont les CE2 qui ont effectué une brève recherche de solutions à partir de ce constat issu de la recherche.

Une discussion collective a permis à chacun d’exprimer une ou des propositions afin que les adultes puissent rester créatifs toute leur vie.

Quand on est adulte, il est intéressant de constater quelles sont les causes corrélées par les enfants à notre manque d’imagination et voir les constats qu’ils font…

Bonne lecture !

Conseils créativité pour les adultes 

  • Ne plus être trop sérieux, ne plus travailler comme des fous pendant 10 heures et s’amuser un peu. (Dalil)
  • Faire des choses imaginaires avec les enfants (Timéo) : imaginer des histoires, créer des bandes-dessinées, créer des jouets…
  • Leur faire travailler l’imagination : faire des choses au hasard et voir ce que ça donne (avec des petits carrés, faire une figure). (Nour)
  • Partager plus de moments avec les enfants : piscine, surf… (Raphaël) 
  • Demander aux parents de proposer des solutions pour les ODD. (Lorna)
  • Ne plus s’occuper des petites choses pas importantes (ménage ou papiers que l’on peut décaler un autre jour) et plus s’occuper de la vie (profiter des enfants et des beaux jours) (Emeline et Lamiae)
  • Profiter de la vie (Dalil) : ne plus rester enfermé chez nous, allons plus dehors avec les enfants pour s’amuser.
  • Rester ensemble pour imaginer des choses : des jeux, jouer ensemble… (Lina)
  • Jouer avec les enfants, ça permet de ne pas penser à ses petits problèmes. (Kylian)
  • Que les adultes soient plus proches de leurs enfants et qu’ils prennent quelques jours pour profiter d’eux. (Yousra)
  • Jouer à la place de faire semblant de faire plus important. (Tristan, Tiya)
  • Apprendre à mieux connaître leur imagination. (Nour)
  • Aider les parents à retrouver leur enfance. (Dalil)
  • Aider les enfants à construire des châteaux de sable. (Raphaël)
  • Plus rigoler. (Kylian)
  • Leur dire que être créatif, ça peut aider. (Lina)
  • Plus vivre (Enes) : ne pas trop rester devant la télé ou le téléphone.
  • Les parents sont souvent énervés et ne trouvent pas trop de solutions pour ça : les enfants peuvent aider leur parents, ça fera travailler leur imagination. (Lamiae)

 

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Des CE2 face aux défis des ODD 2030

Défis ODD !

Depuis la mise en place de ce TAP d’éducation par la recherche sur la créativité, les objectifs de développement durable définis par l’ONU pour 2030 constitue un thème proposé de façon récurrente aux différents groupes d’élèves qui se succèdent. CM2, CP, CE1 et maintenant CE2 découvrent ces objectifs grâce à la vidéo « The World’s Largest Lesson ». Ils discutent des enjeux globaux que le monde rencontre, des solutions créatives inventées par les jeunes puis sont eux-mêmes placés en situation de trouver le plus de solutions possibles à certaines thématiques.

La « mission » des élèves se borne à rechercher des idées, en augmenter le nombre voire la qualité par combinaison de plusieurs propositions ou bien par de nouvelles propositions. L’objectif principal reste le développement de la créativité. Les projets Bâtisseurs de possibles, eux, offrent la partie « action » qui pourrait découler d’une de ces idées créatives.

Les CE2 ont participé à ces recherches sous la forme d’une activité ludique de type « défi » lors de trois des six séances. Par groupes, ils ont pioché des thèmes préalablement expliqués, les plus difficiles à comprendre ayant été écartés. Leur recherche a duré 20 minutes à l’issue desquelles les enfants ont pu présenter oralement leurs idées aux autres groupes (qui ont pu les compléter).

Voici leurs propositions pour « améliorer la situation du monde » :

ODD 1 pauvreté

  • installer des cabanes
  • faire des hôtels pas chers
  • permettre des magasins de vêtements gratuits
  • ouvrir des magasins gratuits ou pas chers pour manger
  • créer un vrai restaurant pour les gens pauvres

ODD 2 faim

  • rendre une partie de la nourriture gratuite
  • baisser les prix dans les magasins
  • faire des marchés gratuits avec des légumes 
  • donner à manger aux gens pauvres
  • faire livrer de la nourriture par avion dans les pays qui en ont besoin
  • faire en sorte que les pauvres aient de l’argent pour manger
  • ne plus être égoïstes avec la nourriture : la partager
  • ne pas gaspiller la nourriture : donner les restes

ODD 3 santé et bien-être

  • avoir plus de médecins
  • avoir des gens qui viennent aider des gens chez eux
  • moins polluer
  • avoir plus de toilettes dans les rues

ODD 14 vie aquatique

  • installer des panneaux pour dire attention aux poissons
  • interdire aux gens de partir se baigner sur les plages, les mers ou les océans où il y a beaucoup de poissons
  • « que ma petite soeur arrête de faire caca dans l’eau »

ODD 4 éducation

  • construire plus d’écoles
  • faire venir une moitié des enfants à l’école puis l’autre moitié (cas où il y a beaucoup d’enfants et pas assez de place à l’école)
  • faire venir des femmes de ménage
  • faire venir des cuisiniers (cantine)
  • faire venir des professeurs
  • construire des toilettes
  • construire des bibliothèques
  • fabriquer des climatisations et des radiateurs
  • construire un centre de loisirs

ODD 5 égalité entre les sexes

  • dire au patron ou à la patronne / au maire de donner la même somme d’argent aux personnes employées
  • installer des panneaux où il y a écrit le maximum de personnes qui vont à la caisse : il y aura une égalité de nombre de personnes entre les différentes caisses (mais ce sont souvent des femmes…)
  • plus de sports à la fois pour les filles et les garçons : encourager les garçons à faire de la danse par exemple ou les filles à jouer au foot

ODD 13 changement climatique

  • arrêter de trop utiliser les voitures : quand c’est près, y aller à pieds, en vélo, en skate, en rollers. Quand c’est loin, on s’achète une voiture électrique
  • prendre le bus
  • baisser les prix des voitures électriques
  • prendre le train
  • Réflexion autour de ce qui pollue beaucoup : les avions, les poubelles (moins), les cheminées, les usines…

ODD 16 paix

  • jouer ensemble
  • parler au lieu de se disputer 
  • un scotch sur la bouche pour ne plus qu’il y ait de gros mots (les élèves rient en se rendant compte que cela ne se fait pas !)

Ces idées sont non-retouchées, comme les photos qui sont diffusées, le but étant de témoigner au plus près de l’activité des élèves.

Savanturiers de la créativité en CE2 (1)

Quatre semaines déjà que le nouveau groupe de CE2 a débuté ce TAP Savanturiers et les enfants, à qui j’ai présenté le blog dès la première séance, me réclament des articles pour pouvoir les lire avec leurs parents. J’attendais le retour d’un maximum d’autorisations de diffusion, cette fois, je m’y mets !

Qu’est-ce que c’est que ce TAP ?

Ce projet, mené sur temps périscolaire, a pour but d’initier les enfants à la démarche scientifique en leur permettant de réfléchir et travailler comme des apprentis chercheurs, accompagnés par Maud Besançon et Niluphar Ahmadi, chercheuses en psychologie. Le but des 6 séances est d’explorer la créativité des enfants, leur imaginaire, leur capacité à se poser des questions et trouver des solutions originales à des défis variés.

Que se passe-t-il concrètement pendant les séances ?

Les séances sont assez longues (1h30) le vendredi après-midi après la classe, ce qui ne favorise pas trop la concentration ! Chaque séance est construite en trois parties avec des temps individuels, de groupes et collectifs en explorant les idées par le biais de la parole, de l’écriture/dessin et de la manipulation d’objets.

Pour la première séance, les enfants ont réfléchi à la construction du mot « Savanturier » et ils ont réalisé leur premier « nuage de mots ».

« Savanturiers = savant + aventurier

Savant = inventer, créer, re-créer, construire, imaginer, penser, découvrir, savoir plein de choses, étudier (objets, monde, plantes…), réfléchir.

Aventurier : photos, spécimens, dessins, notes, s’aventurer dans des endroits inconnus, ça explore : on va quelque part, on étudie, on découvre.

Quand on a trouvé un objet, on peut en faire un autre avec l’objet qu’on a trouvé. »

    

   

Les enfants ont aussi profité de l’observation de ma classe de CM1 par une chercheuse pour lui poser des questions. Rencontre avec Amélia Legavre, doctorante en sociologie :

Qu’est ce que la sociologie ? C’est l’étude de la vie sociale, la vie avec plusieurs personnes. La société. J’observe des groupes de personnes. Les groupes que j’observe, c’est la classe : comment les élèves discutent entre eux, avec l’enseignant…

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’être chercheuse ? J’aime les enquêtes, les indices, le but c’est d’apprendre des choses et d’avoir des connaissances et de les partager, pas d’espionner !

Ca doit être ennuyeux de regarder des choses ! Parfois oui mais souvent on participe aussi. Faire des expériences, c’est une autre manière de faire de la recherche.

Ce que tu observes, est-ce que tu en parles à des patrons ou à d’autres chercheurs ? L’intérêt, c’est de partager avec d’autres chercheurs, d’autres gens, écrire des livres pour dire ce que j’ai observé. Les directeurs de recherche m’aident dans mes recherches. Je travaille à l’université.

Pourquoi on change les noms des gens qu’on observe ? Dans le livre que je vais écrire (une thèse), je vais changer les noms, on respecte la vie privée des personnes que l’on observe.

Lors de la deuxième séance, les enfants se sont lancés dans le « test du trombone ». Pour description voir l’article suivant https://savanturiersducerveau.wordpress.com/2017/11/18/activite-creative-le-test-du-trombone/

Chacun a d’abord recherché quels usages « originaux » il pourrait faire de cet objet et les a notés ou dessinés sur son cahier avant de les présenter au groupe.

Les enfants ont réussi à trouver entre 1 et 17 idées différentes chacun. Parmi elles : « un chouchou, une barrette, une cage à oiseaux, un bracelet, un collier, de faux ongles, une bague, un zip pour la trousse, un mécanisme pour bloquer l’ouverture des ciseaux, des lettres de l’alphabet, des décorations en attachant plusieurs trombones ensemble, une clé… »

Nous avons, lors d’une troisième séance, relu toutes les propositions et voté pour les idées les plus originales. Les idées retenues par le groupe ont été : « un pont pour les fourmis » et « une mini-maison avec beaucoup de trombones ».

Originalité de ce groupe : c’est la première fois, que les enfants pensent à associer plusieurs trombones pour créer des objets.

En fin de séance, les enfants ont pu découvrir du matériel à combiner pour inventer des objets : ils ont pu se/me les présenter, leur trouver des noms et leur inventer des usages.

  

     

Suite lors d’un prochain article !

 

 

Les enfants plus créatifs que les adultes ?

Reprise, après les vacances de Noël, du TAP Savanturiers du cerveau sur la créativité avec, cette fois, un groupe de 17 CE1 et une enfant d’ULIS. Nous aurions dû prendre la suite du travail des CP sur l’ODD 14 « La vie dans l’eau » sur la problématique des dangers liés aux requins mais les conditions matérielles (pannes conjuguées d’internet et de TBI), humaines et la durée de la période (5 petites semaines) ont donné une autre orientation au projet. Côté enseignante, le pire aurait probablement été de fixer, voire de figer ce projet sur la créativité en empêchant les élèves d’amener leurs centres d’intérêts et leurs propositions !

La présentation du défi du trombone aux CE1 (cf https://savanturiersducerveau.wordpress.com/2017/11/18/activite-creative-le-test-du-trombone/ ) a permis de faire émerger la créativité des enfants. Alors qu’une élève définissait l’objet comme permettant « d’attacher des papiers ensemble », un autre, lui, voyait dans le trombone un outil « pour faire de la musique ». J’ai alors introduit la thèse que « les enfants sont généralement plus créatifs que les adultes » puis je leur ai demandé s’ils étaient d’accord en justifiant leur avis.

15 CE1 sur 17 présents étaient d’accord avec cette idée. Ils ont donc, lors une première séance, recherché les causes possibles de ce constat puis, lors d’une deuxième, recherché des solutions pour que les adultes soient plus créatifs et qu’eux-mêmes continuent à l’être en grandissant. La troisième séance sur ce thème essaiera de faire imaginer une recherche à mener pour tester une combinaison de solutions proposées.

Merci à Maud Besançon, enseignant-chercheur en psychologie, spécialiste de la créativité et à sa doctorante, Niluphar Ahmadi, pour leur suivi et la joie exprimée de découvrir tous ces témoignages de créativité des enfants 🙂

Pourquoi les adultes ne sont-ils pas aussi créatifs que les enfants ?

Comment rester créatifs ?

« Si, les adultes ont beaucoup d’imagination parce qu’ils ont été petits ! »

Hypothèse 1  : Ils sont trop vieux.

Solution proposée : aucune !

Hypothèse 2  : Il ne faut pas que le cerveau dépasse de la boîte crânienne donc il faut le vider. Les nouvelles choses, ça crée de nouveaux neurones, ça touche la boîte crânienne.

Désaccord : « Les adultes ont appris des choses quand ils étaient petits (les mots, le calcul…). Il y a assez de place dans le cerveau, il n’y a pas besoin de tout enlever, juste besoin de retrouver. »

Solution proposée : Très bien s’entraîner pour ne pas oublier (conduire…).

Hypothèse 3  : Ils n’ont pas bien travaillé à l’école.

Désaccord : « Les parents sont allés à l’école longtemps, pourtant on dit qu’ils ne sont pas créatifs ! »

Solutions proposées : Pour nous (les enfants), faire de la science, de l’histoire, réfléchir, faire de la géométrie, lire, écrire, faire des calculs…  Plus aller à l’école. Faire maîtresse pour avoir plein d’idées ! Continuer à apprendre plein de choses toute sa vie (10 élèves sur 16) dans les livres, chez des gens qu’on connaît… Découvrir des choses qu’on ne sait pas (chimie…).

Hypothèse 4  : Ils parlent trop, ils oublient.

Solutions proposées : Moins parler. Par exemple, quand ils rentrent du travail, ils ne s’occupent pas des enfants ou du bazar parce qu’ils parlent. On peut les attirer avec quelque chose : des photos, des dessins, des jeux… Avoir des idées qu’ils peuvent faire (réaliser) avant qu’ils discutent.

Hypothèse 5  : Ils n’ont pas trop le temps de réfléchir, ils sont trop occupés.

Solutions proposées : Etre moins occupés. Davantage se reposer. Pour plus avoir d’idées, il faut plus penser, plus réfléchir.

Hypothèse 6 : Ils ont beaucoup de travail. / Ils travaillent le soir. 

Désaccord : “Ce n’est pas le travail. Nous aussi on est à l’école toute la journée, pourtant, on n’oublie pas !”

Solutions proposées : Arrêter de rentrer trop tard quand ils travaillent. Travailler moins : mon papa travaille tous les jours de la semaine et il rentre à 22h. Je dirais qu’il rentre à 21h. Mettre les rendez-vous les jours où ce n’est pas important (trop chargé). Se coucher tôt. 

Hypothèse 7  : Ils ont des trous de mémoire parce qu’ils bougent beaucoup.

Solutions proposées : Ecrire des listes, écrire sur un agenda. Pour les parents et même pour les enfants, écrire toutes les choses que l’on sait sur une feuille pour ne pas les oublier. 

Hypothèse 8 : Ils regardent trop l’écran, ça enlève des idées dans le cerveau. Le cerveau dit de continuer à regarder l’écran : plus tu regardes, plus tu oublies.

Précision : “Pour moi, je n’oublie pas mais ça se mélange”.

Solutions proposées : Moins regarder les écrans (ordinateurs, téléphones, tablettes…). Arrêter de regarder la télé. Arrêter de se connecter aux réseaux sociaux :  « Il faut plutôt se connecter à l’école ». Faire du sport. 

Et un coup de cœur venant d’une élève pourtant très agitée pendant la discussion collective mais qui a préféré continuer à réfléchir en tête à tête alors que les autres inventaient des objets par assemblage de formes :

Que les parents arrêtent de faire des choses pas importantes et pas intéressantes pour eux, des choses qui ne servent à rien. Qu’ils commencent à penser à faire des choses intéressantes. Qu’ils réfléchissent et s’ils n’y arrivent pas, qu’ils fassent une autre idée plus facile à faire, intéressante et pas dangereuse. Et qu’ils puissent faire les choses tranquillement.

Si la valeur n’attend pas le nombre des années, la sagesse non plus !!

Bravo à tous. Enfants chercheurs, tous chercheurs !

 

La créativité des CP peut-elle sauver le monde ?

L’idée générale de notre projet d’éducation par la recherche est de découvrir les Objectifs de Développement Durable définis par l’ONU pour 2030 en explorant la créativité des enfants du CP au CM2. Les CM2 ont préalablement définis la problématique de recherche : « La créativité peut-elle sauver le monde ? »

Notre projet se poursuit, pendant cette deuxième période, avec un groupe de CP. Voici donc Lucie, Emna, Samuel, Lyla, Maxence, Ryan, derrière de gauche à droite et Maël, Ellorah, Naïs, Mathis, Timéo et Nils, devant.

CP Savanturiers de la créativité

Les CP ont commencé par réfléchir à ce qu’était un « Savanturier », un mot qu’ils ne connaissaient pas :

  • C’est quand on fait une expérience et qu’on explore. (Samuel)
  • C’est un truc qu’on fait. On est des chimistes. (Timéo)
  • Ca rime avec “avant” comme “avant” et “savant” comme quelqu’un qui fait des expériences.( Maël)
  • C’est quand on voyage parce que les aventuriers, ça voyage. On peut voyager dans le ciel, dans la jungle, dans la savane… (Naïs)
  • On prend des jumelles, des loupes, pour voir des petits trucs. (Nils)
  • C’est comme “Safarigo”, un jeu avec des explorateurs et des jumelles. (Lyla)
  • C’est comme Koh Lanta. On voit des animaux (serpents, araignées). Les autres font des trucs pour gagner (Mathis)
  • C’est comme Fort Boyard (Maxence), une aventure (Rayan).

Puis ils ont fait la connaissance de la chercheuse qui accompagne le projet cette année : Maud Besançon, lors d’une visioconférence. Ils ont pu lui poser des questions sur elle et sur son travail.

Visioconférence avec Maud Besançon

_ C’est quoi ton travail ?   

_ J’analyse les réponses des enfants aux questions que je leur pose. Prenons le cas d’un bébé. Il veut un objet qui est loin de lui, plus loin que son bras. Il y a une barrière entre lui et l’objet. Que peut-il faire ?

_ Quelles expériences tu fais ?

_ On ne voit pas ce que je cherche. Je cherche à comprendre comment le cerveau fonctionne pour trouver de nouvelles idées.  Si je vous donne un problème mathématiques et que je vous demande combien font 2+2, vous avez la solution. Par contre, il existe des problèmes de société pour lesquels on n’a pas de solutions. Il faut alors utiliser nos connaissances et explorer de nouvelles solutions.

_ Est-ce que tu connais un laboratoire ?

_ Un laboratoire, c’est un ensemble de chercheurs qui travaillent ensemble et qui se réunissent pour discuter de notre travail. Certains travaillent sur la mémoire, d’autres sur les jeux vidéos…

Maud a demandé ce qu’était la “créativité”. Beaucoup de CP ne connaissaient pas le mot. Trois d’entre eux l’avaient déjà entendu. Leurs réponses :

  • “C’est quand on dessine.”
  • “C’est quand on colorie”.
  • “C’est créer un nouveau truc”.

Lors de la deuxième séance, les enfants ont créé un nuage de mots autour du mot « chercheur » : https://wordart.com/8sd80iyx1yk9/d%C3%A9finir-un-chercheur-en-cp

Puis ils ont visionné la vidéo « The World’s Largest Lesson » pour découvrir les Objectifs de Développement Durable (ODD) : un franc succès pour « Hermione de Harry Potter » 🙂

Elle nous donne une mission, qui veut l’aider, vous ?” : OUI ! (9 sur 11)

“Nous n’allons pas pouvoir l’aider pour toutes ses missions, nous allons devons en choisir une seule et réfléchir à des solutions pour améliorer le monde ! Laquelle ?

The World’s largest lesson 2

Lors de la 3e séance, les CP ont redemandé à visionner la vidéo de la semaine précédente, ce qui nous a permis de faire des pauses et de réfléchir aux problèmes rencontrés et aux solutions trouvées par les jeunes partout dans le monde. Nous avons repris ensemble les 17 objectifs de développement durable dans l’idée de choisir un seul thème de réflexion :

ODD retenu : la vie aquatique (objectif 14)

Les premières idées de problèmes ont été influencées par la vidéo en elle-même : le thème de la vie aquatique était abordé et les enfants ont beaucoup parlé de pollution plastique dans les océans.

Problèmes identifiés par les CP sur l’ODD14

Le choix de la problématique s’est effectué à l’issue de cette séance en concertation avec la chercheuse qui nous accompagne. Les problèmes de pollution nous paraissaient importants mais le problème soulevé par les attaques de requins plus original et spontanément proposé par les enfants. C’est celui que nous avons retenu.

Lors de la 4e séance, à partir de la problématique « Les requins attaquent les humains », les CP ont cherché des solutions possibles. Ils avaient plein d’idées et ont demandé davantage de temps que prévu. Voici leur propositions :

Propositions de solutions sur le thème « Les requins attaquent les humains ».

La 5e séance a été difficile à mener : une activité sur temps périscolaire un vendredi soir en fin de période, à une semaine de Noël, ce n’est pas le meilleur moment pour réfléchir à des problèmes globaux 🙂 Il restera une séance pour affiner les propositions avancées et puis, lors de cette dernière séance, une activité de création collective avec manipulation sera prioritaire : ce sera le soir des vacances !

Un deuxième article viendra compléter celui-ci avec les activités d’exploration libre qui ont été proposées en complément de cette recherche sur les objectifs de développement durable. A bientôt !

Savanturiers de la créativité, un projet multi-niveaux, multi-démarches

Pour rappel, notre projet Savanturiers du cerveau de l’année est un projet à échelle d’école mené en TAP avec des élèves allant du CP au CM2. Une séance hebdomadaire d’une heure et demie est dévolue à la réalisation du projet. Ce projet est mentoré par Maud Besançon, docteur en psychologie dont les recherches portent sur le potentiel créatif https://perso.univ-rennes2.fr/maud.besancon  et Niluphar Ahmadi, doctorante en psychologie.

Après recueil de leurs conceptions initiales, les CM2 ont lancé le projet à travers trois activités créatives destinées à leur permettre de définir, expérimenter et saisir différentes modalités de la créativité. Leur questionnement devait conduire la suite du projet, non définie a priori. Des cinq séances de TAP, les élèves ont abouti à une liste de questions mais ne sont pas parvenus à faire émerger une seule problématique à transmettre au groupe suivant pour expérimentation.

cf article https://savanturiersducerveau.wordpress.com/2017/10/14/savanturiers-de-la-creativite-en-cm2/

Nous retenons néanmoins trois possibilités :

  • Certaines personnes ont plus de créativité que les autres ? (enfants, adolescents, adultes)
  • Est-ce que l’on peut être créatif dans plusieurs domaines ?
  • Peut-on sauver le monde avec la créativité ?

Par son côté décalé, cette dernière possibilité de problématique a fait rire les CM2. Elle est personnellement celle que je trouve la plus originale, la plus pertinente en ces temps de défis globaux et également celle qui pourrait permettre de combiner deux types de démarches au sein d’un même projet :

  • la démarche créative du design thinking du dispositif Bâtisseurs de possibles
  • la démarche d’apprentissage par la recherche du dispositif Les Savanturiers-l’école de la recherche

A l’issue de la première séance avec les CP, il est conjointement décidé de :

  • poursuivre le projet en conservant la problématique “Peut-on sauver le monde avec la créativité ? » définie par les CM2 en début d’année parmi celles proposées
  • lier cette thématique aux Objectifs de Développement Durable définis par l’ONU pour 2030
  • construire le projet sous forme d’une continuité multi-niveaux CM2/CP/CE1/CE2/CM1 dans l’idée d’une production collective (non encore définie).

Ce projet d’éducation par la recherche autour de la créativité se déclinera de la manière suivante :

  • Choix d’un ODD par les CP : ce choix sera, après discussion/évaluation, maintenu ou modifié pour les futurs groupes
  • L’ODD sera abordé de trois manières différentes :
  1. graphique : par le biais de dessins/peintures voire d’une construction avec du matériel de récupération
  2. verbal : en racontant les nouvelles solutions à partir de leurs dessins/constructions
  3. scientifique : en imaginant une recherche qui permettrait de répondre à une question / problématique en lien avec leur production graphique.

Toutefois, la démarche créative, c’est aussi proposer différentes solutions :

  • avant de se lancer dans la réalisation d’une oeuvre, envisager différentes solutions
  • sélectionner une idée, voire la combinaison de plusieurs idées
  • évaluer : faire preuve d’esprit critique en évaluant son oeuvre et celle des autres : imaginer quels pourraient être les critères pris en considération et en fonction des critères, comprendre que les classements peuvent être différents.

En fonction des possibilités des élèves et du temps disponible, des moments au cours des séances pourront être dévolus aux mêmes activités créatives que les CM2 en début d’année :

  • inventer une suite à l’amorce « Si des lianes tombaient des nuages… »
  • imaginer le plus d’utilisation possible d’un trombone
  • créer une oeuvre collective avec du matériel inducteur et raconter l’histoire de l’oeuvre

A bientôt pour la suite !

Amélie Vacher, PE, école Saint-Exupéry, Langon (33)

Activité créative de production collective

La dernière des trois activités dont le but est de permettre aux élèves d’expérimenter autour de la créativité est une activité de création collective par manipulation.

Les élèves sont répartis en deux groupes (libre constitution des groupes). La seule consigne donnée est de « créer une oeuvre collective à partir du matériel proposé » dans un temps imparti (40 minutes).

Cela permet d’observer à la fois comment se met en place la coopération au sein des équipes et comment le projet prend forme avant son aboutissement.

Expérience des CM2 :

Après un début un peu difficile « On peut avoir des modèles ? Transformer un modèle, c’est aussi créer ! », on a assisté à deux façons de faire très différentes :

  •  un groupe a commencé à assembler le matériel, ensemble, à l’instinct à partir d’une base de construction au sol. L’idée émergente s’est rapprochée d’une construction connue (une église).

  • l’autre groupe a mis plus de temps à commencer mais a décidé auparavant de l’oeuvre à réaliser : ils ont décidé de réaliser des productions seuls ou à deux afin de parvenir ensuite à une production collective (un parc d’attractions).

      

Chacun des groupes a dû présenter sa production à l’autre groupe. Là encore, deux méthodes :

  • un orateur principal pour le groupe (parc d’attractions)
  • une répartition plus équilibrée de la parole (église)

Nous avons pu constater différents types d’originalité :

  • Alors que la production du groupe « église » était plutôt commune, c’est la production orale qui s’est révélée être plus originale (idée des chambres pour chaque enfant dans l’église et manière humoristique de présenter l’oeuvre).
  • Alors que la production de l’autre groupe semblait au départ être une activité individuelle ou en binôme (petits groupes de production), l’originalité principale s’est faite dans le rassemblement des différentes productions avec l’unité thématique d’un « parc d’attraction » inconnu en dehors du groupe. De plus, certaines attractions n’existaient pas (comme la « canne à pêche à attractions » par exemple ou un jeu d’eau tournant ).

Dans l’ensemble, les deux groupes ont pris beaucoup de plaisir à réaliser cette activité collective et à se la présenter mutuellement. A la suite de cette activité et de leurs discussions, ils ont posé la question « Quelles limites a la coopération dans une production collective ? » : une des problématiques possibles du projet multi-niveaux.

Production collective des CP à venir.