La transmission de l’information peut-elle s’arrêter ou se perdre ? (2)

2) Comment se transmet l’information en temps ordinaire ?

Pendant deux séances, les élèves ont tenté de définir les différents types de messages et leur circuit.

1. Messages nerveux afférents : Exemple d’une douleur à la main

« Vous posez la main sur une plaque chaude, quel va être le circuit de l’information jusqu’au cerveau ? » Les hypothèses sont notées sur le cahier de recherche avant mise en commun et validation ou apport des nouvelles informations (nom des nerfs véhiculant l’information).

  

Mise en commun sur le circuit : peau de la main > nerf sensitifs > centres nerveux (moëlle épinière et cerveau)

Définition des mots :

  • Nerf : Un nerf est un regroupement anatomique de plusieurs axones de neurones. L’ensemble des nerfs représentent le tissu nerveux. Un nerf permet de véhiculer l’information entre le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et les muscles mais aussi entre les centres nerveux et les organes sensoriels (oreillespeaunez, etc). C’est une sorte de « câble » que l’on retrouve partout dans le corps humain. Quand un nerf conduit les informations vers les muscles, on parle de nerf moteur. Les informations provenant des organes des sens circulent dans des nerfs dits sensitifs. (Vikidia)
  • Moëlle épinière : Partie du système nerveux central située dans la colonne vertébrale, jouant d’une part un rôle de centre nerveux responsable de certains réflexes, et d’autre part un rôle de conduction des messages entre les nerfs qui lui sont rattachés et le cerveau. (Larousse)

2. Messages nerveux efférents : Exemple d’une douleur à la main

« Vous posez la main sur une plaque chaude, quel circuit va prendre la réponse envoyée par le cerveau ? » Les hypothèses sont notées sur le cahier de recherche avant mise en commun et validation ou apport des nouvelles informations (nom des nerfs véhiculant l’information).

Mise en commun sur le circuit : centres nerveux (cerveau puis moëlle épinière) > nerfs moteurs > muscles pour une réaction.

3. Cas des mouvements réflexes : Exemple d’une brûlure

« Que se passe-t-il quand votre corps est en danger, par exemple lorsque vous posez la main sur quelque chose de brûlant comme une casserole quand vous faites cuire des pâtes ? L’information va-t-elle emprunter le même circuit ? »

Les hypothèses sont notées sur le cahier de recherche avant mise en commun et validation ou apport des nouvelles informations.

 Pour protéger l’organisme, certaines sensations peuvent déclencher des mouvements involontaires (non contrôlés par la volonté) très rapides que l’on appelle mouvements réflexes.

Dans le cas d’une brûlure à la main par exemple, le circuit est : muscle, organe récepteur > moëlle épinière > muscle, organe effecteur.

Ressources utilisées en classe :

Ressources utilisées pour l’enseignant :

 4. Spécificité des récepteurs : 

Pour cette partie, nous utilisons les connaissances apportées par Laurent Groc, notre parrain de projet.

Il existe plusieurs familles de neurotransmetteurs :

  • les excitateurs (fonction d’accélérateur) dont le principal est le Glutamate
  • les inhibiteurs (fonction de frein) dont le principal est le GABA
  • les modulateurs qui font la balance entre l’accélérateur et le frein comme la dopamine ou la nicotine.

« Pensez-vous que les neurotransmetteurs transmis pour faire circuler l’information peuvent aller se poser sur n’importe quel type de récepteur ? »

Réaction orale de la classe : « Non, parce que sinon il n’existerait pas différentes familles de neurotransmetteurs, ils feraient tous la même chose. Ils doivent donc correspondre. Avec des couleurs ? »

Réponse de Laurent Groc : ce ne sont pas des couleurs mais des formes comme pour une porte avec une serrure et sa clé (ou comme deux pièces de puzzle).

 

Recherches documentaires sur le cerveau

Parmi nos nombreuses questions sur le cerveau, certaines ont trouvé des réponses recherchées les élèves volontaires. Voici nos réponses.

Pourquoi le cerveau peut-il être malade ?

J’ai trouvé deux causes principales :

La première est physique : la respiration et l’alimentation incorrectes.

La deuxième cause est psychique : la réflexion et les sentiments incorrects.

Un français sur deux est touché par une maladie du cerveau. Du fait de l’allongement de l’espérance de vie, ces maladies deviendront bientôt une des premières causes de mortalité dans l’Hexagone et dans le monde.

Les maladies que j’ai trouvées :

  • La maladie d’Alzheimer.
  • La maladie de Parkinson.
  • La sclérose en plaque.
  • L’épilepsie.
  • Le Syndrome de Gilles de la Tourette.
  • La Dystonie.

Source : non copiée.

Pour en savoir plus : http://sante.lefigaro.fr/sante/organe/cerveau/quelles-sont-principales-maladies-cerveau

Nina, CM1

Est-ce que le cerveau ressent la douleur ?

Hypothèse : Je pense que si on se fait mal ailleurs qu’à la tête, le cerveau ne ressent pas la douleur. Est -ce que le cerveau peut ressentir la douleur dans une autre partie du corps ?

Réponse : Non le cerveau ne ressent pas la douleur car, par exemple, quand on se cogne le pied  à un meuble, on ressent une douleur à cet endroit précis de notre corps grâce à des fibres présentes dans tout le corps humain. En effet, ces fibres transmettent des informations au cerveau par des voies nerveuses : on l’appelle l’activité nerveuse,  laquelle va alors nous faire ressentir la douleur. Le cerveau ne possède pas de fibres nerveuses d’où son insensibilité à la douleur.

Source : http://www.lesaviezvous.net/sciences/biologie/le-cerveau-est-insensible-a-la-douleur.html

Chloé, Idriss, cm1.          

Pourquoi le cerveau est il le centre de notre intelligence ?

Hypothèses :

  • Le cerveau stocke toutes les informations nécessaires.
  • Le cerveau nous fait réagir.
  • Sans lui on aurait pas d’idées.

Recherches :

C’est grâce au cortex cérébral qui est le corps du cerveau, le centre où la plupart des fonctions associées à l’esprit se déroulent (la mémoire, la pensée créative, l’intelligence…).

Sa surface est composée  de plus de 60 milliards de cellules nerveuses.

Source : https://tpemesureintelligence.wordpress.com/2013/03/27/le-cerveau-siege-de-lintelligence/

Thalia, Douae cm1

Quand je ferme les yeux, les neurones des yeux font quoi ?

Hypothèses :

  • Les neurones des yeux se mettent en veille et la partie qui contrôle les yeux se met aussi en veille.
  • Les neurones des yeux sont fatigués et obligent au cerveau de fermer les yeux et projettent une couleur noire.

Recherche :

Il n’y a pas de nom pour les neurones des yeux.

Aucune réponse, j’ai cherché sur Qwantjunior et Bing.

Matéo, CM1

Combien de temps dure la transmission de l’information des muscles au cerveau ?

Hypothèses :

  • 6 millièmes de secondes.
  • 5 milliseconde
  • 9 secondes.
  • 40 millisecondes.

Recherche :

L’influx nerveux se propage à une vitesse entre 1 mètre par seconde et 100 mètres par seconde.

L’influx nerveux est une impulsion courte, de l’ordre de quelques millièmes de secondes. Le temps de transmission est très rapide (inférieur à la milliseconde).

Source : http://david.olivier.name/fr/neurones-et-systeme-nerveux

Marco et Kylian CM1

Le cerveau peut-il créer des émotions ?

Hypothèse :

  • Oui mais pas toujours parce que je pense que des fois il y des émotions qui viennent d’autre part (ex le coeur).

Recherche :

Le cerveau est l’organe des émotions. Il donne naissance à la joie, la tristesse, la peur ou la colère. Comment tous ces effets sont-ils mis en relation et placés sous contrôle de la raison ? De récentes découvertes en neurosciences  l’expliquent . Emotions et souvenirs se trouvent dans la même partie du cerveau. Mais l’impact de cette découverte a été négligée durant le 20ème siècle . Nos émotions jouent un rôle dans notre mémoire autobiographique.

Source : http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/article-dossier-les-emotions-au-csur-du-cerveau-23224.php

Emmy , CM1

Pourquoi le cerveau des animaux est-il différent de celui des humains ?

Mes hypothèses :

– C’est peut-être à cause de la forme de leurs crânes ou peut-être parce qu’ils n’ont pas le même  nombre de neurones.

Recherche :

L’humain a plus un plus grand néocortex où se trouve les aires sensorielles et motrices. C’est durant la transition des primates à l’humain que le néocortex s’est le plus développé. De toutes les régions du néocortex, c’est certainement le cortex préfrontal qui a connu la plus forte expansion chez l’humain. C’est durant sa sédentarisation que l’homme a le plus évolué.

Source : http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_05/i_05_cr/i_05_cr_her/i_05_cr_her.html

Titouan et Matéo CM1

Les amis imaginaires

Nous explorons aussi un deuxième thème en relation avec le cerveau : les amis imaginaires.

Nous comptons rédiger un questionnaire auquel nous répondrons puis nous le ferons ensuite passer à notre entourage et à des élèves de l’école.

Ce matin, chacun de nous s’est questionné : que voulons-nous savoir ?

Puis nous avons réalisé des dessins de nos propres amis imaginaires (avec leur prénom), des amis imaginaires que l’on imagine ou que l’on aimerait avoir pour ceux qui n’en ont pas.

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Amélia Legavre est diplômée de sciences politiques et titulaire du Master « Approches Innovantes dans la Recherche et l’Education / EdTech » du Centre de Recherches Interdisciplinaires de Paris où elle est maintenant doctorante.

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Depuis l’année dernière, elle suit notre classe et répond régulièrement à nos questions dans les domaines de la politique, la sociologie, la philosophie et l’éducation en France et dans d’autres pays du monde.

Nous avons eu l’occasion de faire une visioconférence avec elle avant les vacances de février. Nous lui avons présenté notre projet Savanturiers du cerveau, repensé pour mieux correspondre aux envies de la classe.

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Amélia a apprécié le thème des amis imaginaires et cela nous a permis de lui poser nos premières questions (elles n’étaient pas préparées). Cela nous permettra d’avoir des pistes de recherche pour la suite.

Interview d’Amélia sur le thème des amis imaginaires.

Classe : D’où viennent les amis imaginaires ?

Amélia : De l’imagination !

Classe : Tu dis que tu avais une amie imaginaire quand tu étais petite. Quel était son nom ?

Amélia : Elle s’appelait Sara.

Classe : Est-ce que c’était une personne ou un animal ? Parce que moi, c’est un animal (Jade).

Amélia : C’était une humaine.

Classe : A quoi ressemblait-elle ? Tu peux la décrire ?

Amélia : Pas vraiment. Elle n’avait pas spécialement de visage. Je ne pourrais pas la dessiner.

Classe : Quel âge avais-tu quand tu avais cette amie et jusqu’à quel âge l’as-tu gardée ?

Amélia : Je devais avoir 9 ans et je ne l’ai pas gardée très longtemps, jusqu’à mes 9-10 ans, je crois.

Classe : Est-ce que c’était secret ou public ? Est-ce que tes parents le savaient ? Est-ce que d’autres amies le savaient ?

Amélia : Non, mes parents ne le savaient pas, mes amies non plus. Je n’en parlais pas, c’était quelque chose de personnel. J’avais peur des moqueries.

Classe : Est-ce que ton amie imaginaire te parlait ?

Amélia : Oui, il me semble mais elle m’écoutait plutôt. Je l’imaginais parfois quand je jouais dehors.

Classe : A quels moments apparaissait-elle ?

Amélia : Quand j’avais besoin de réconfort, que j’étais triste ou bien que je me sentais seule. Elle était toujours d’accord, toujours de mon avis !

Classe : Les adultes ont-ils encore des amis imaginaires ? Si non, pourquoi n’en ont-ils plus ?

Amélia : Moi je n’en ai plus. Peut-être parce qu’ils ont trouvé d’autres moyens de se réconforter ?

Classe : Si on a des amis imaginaires, peut-on avoir des ennemis imaginaires ? 

Amélia : Si une amie imaginaire est là pour réconforter, ce serait dommage d’avoir un ennemi imaginaire avec qui on se dispute !

Amélia, merci beaucoup de t’être prêtée à ce jeu de questions/réponses sur un sujet plutôt intime !

A mes élèves, bravo pour vos questions. Sans préparation, dans le fil de la conversation, je les trouve très pertinentes et elles ouvrent sur beaucoup de pistes possibles pour nos recherches. Fière de vous 🙂   Amélie

Du stress aux amis imaginaires en passant par la synapse

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Notre classe a participé à un projet Savanturiers du cerveau l’an dernier (mes CE2 sont devenus mes CM1). Après avoir exploré un axe un peu particulier autour d’apprendre à apprendre et travaillé sur la relation entre apprentissage et plaisir, nous avons commencé l’année avec une idée, celle de conserver le thème que les élèves avaient proposé en juin 2016 lors du bilan de fin de projet.

Nous souhaitions alors travailler sur le thème du stress : sur la détection et l’impact du stress sur les apprentissages mais aussi, à la demande de quelques-uns, sur la recherche de moyens/techniques pour y remédier.

Le début du projet cerveau s’est donc déroulé selon ces objectifs, en recensant les questions, en contextualisant le thème du stress par le biais d’œuvres de littérature de jeunesse.

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Nous avons rencontré notre parrain chercheur, Laurent Groc, lui avons posé nos premières questions sur le cerveau (voir article 1), élaboré avec lui des possibilités d’expérimentations et un échéancier.

Seulement, tout ne s’est pas passé exactement comme prévu : le projet ne s’est pas mis en routeLe stress n’était plus la préoccupation qui motivait les enfants.

Après discussion, nous sommes donc repartis de zéro. La semaine dernière, les enfants ont proposé de nouvelles questions sur le cerveau : 54 en moins de trente minutes, c’est dire si le sujet les interroge et les intéresse !

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Nous avons pris le temps de découvrir ces questions puis de les trier en les catégorisant.

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Voici quelques-unes de ces questions :

1) Sur le (bon/mauvais) fonctionnement du cerveau :

  • Comment faire pour que le cerveau fonctionne bien ?
  • Que fait mon cerveau quand je ne fais rien ?
  • Comment les maladies peuvent-elles atteindre notre cerveau ?
  • Quand on a mal quelque part, est-ce qu’on a vraiment mal ou est-ce juste dans notre cerveau ?
  • Le cerveau peut-il avoir « mal » ?
  • Comment les molécules du cerveau se créent-elles ?

2) Sur son organisation et son évolution :

  • Pourquoi le cerveau est-il dans la tête et pas autre part ?
  • Pourquoi le cerveau des animaux et des humains n’est-il pas organisé pareil ?
  • Est-ce que le cerveau évolue ?

3) Sur l’imagination et la pensée :

  • Est-ce que le cerveau pense ce que nous ne pensons pas ?
  • Est-ce que c’est l’imagination qui fait que certains ont des amis imaginaires ? Pourquoi certains ont-ils des amis imaginaires ?
  • Comment le cerveau fabrique-t-il l’imagination ?

4) Sur la transmission des informations :

  • Comment les neurones ressentent-ils la douleur ?
  • Combien de temps dure la transmission de l’information des muscles au cerveau ?
  • Est-ce que notre cerveau peut nous donner de mauvaises informations ?
  • D’où viennent les réflexes ?

5) Sur la mémoire :

  • Comment le cerveau retient-il plusieurs informations ?
  • Pourquoi y a-t-il des gens qui retiennent plus de choses que d’autres ?

6) Sur la conscience / la raison :

  • Pourquoi quand on fait une bêtise, on ne comprend qu’après que c’en était une ?

7) Sur l’intelligence :

  • Qu’est-ce que l’intelligence ?
  • A quoi sait-on qu’on n’est pas intelligent ?

8) Sur les émotions :

  • D’où vient le stress ?
  • Le cerveau ressent-il le stress ? C’est pour cela qu’on en a ?
  • Que se passe-t-il dans le cerveau quand on est amoureux ?

A partir de ces questions, nous avons eu du mal à nous décider mais nous allons donc finalement nous intéresser à deux axes :

  • Une recherche autour des amis imaginaires : près de 22 élèves sur 29 en possèdent dans la classe. Une caractéristique originale qu’il serait dommage de ne pas explorer. Nous mettrons en relation la présence de ces amis imaginaires selon les contextes (dont celui du stress), nous essaierons d’en apprendre plus à ce propos.
  • Une recherche autour de la transmission d’information dans le cerveau : les élèves possèdent déjà quelques connaissances sur les neurones et leur organisation mais nous allons nous y intéresser de plus près pour arriver au fonctionnement de la synapse, spécialité du chercheur en neurosciences avec lequel nous travaillons cette année.

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Au total, 20 élèves souhaitent s’impliquer dans les deux axes de recherche, 7 uniquement sur celui des amis imaginaires, 2 uniquement sur les neurones.

A bientôt pour la suite !

Lancement du projet 2016-2017

Présentation de notre parrain de projet Savanturiers du cerveau.

Laurent Groc est docteur en neurophysiologie, directeur de recherche au CNRS. Au sein de l’Institut Interdisciplinaire de Neurosciences de Bordeaux, il dirige l’équipe « Développement et adaptation des circuits neuronaux » qui travaille plus spécifiquement sur la communication entre les neurones et les maladies psychiatriques.

http://www.iins.u-bordeaux.fr/research-teams-laurent-groc?lang=en

De manière simplifiée, l’activité de Laurent a pour but :

  • de comprendre le fonctionnement du cerveau, spécifiquement comment les neurones se parlent,
  • d’essayer de comprendre les maladies du cerveau pour aider à les guérir.

“Aujourd’hui, on ne connaît pas tout du cerveau. On en comprend une petite partie mais on essaie d’en apprendre plus.”

Pourquoi travailler sur un projet d’apprentissage par la recherche avec une classe d’école élémentaire ?

Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours été fasciné par la compréhension des lois qui régissent l’environnement. La science, son histoire, et ses avancées m’ont été inculqués par mon grand-père qui avait compris très tôt mon engouement pour ces questions. J’aurais rêvé avoir en classe des projets d’apprentissage par la recherche comme ceux dispensés par le programme des Savanturiers. Alors, aujourd’hui, je peux modestement être acteur d’un tel édifice et, qui sait, aider de jeunes enfants à entretenir la flamme de la science. C’est aussi simple que cela !

Merci Laurent d’avoir accepté de travailler avec nous cette année 🙂 (la classe)

Laurent est venu pour la première fois le 17 janvier 2017 dans notre classe pour se présenter. Les enfants avaient préparé quelques questions et en ont trouvé beaucoup d’autres à poser. Voici un exposé de leurs questions et des réponses apportées.

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Pourquoi appelle-t-on le cerveau “cerveau” ?

Le mot vient du latin « cerebellum », cela veut dire “petite glande”. « Cerebellum » est devenu « cerveau » en français. Le cerveau était considéré comme une petite glande que l’on a dans la tête.

Est-ce que le cerveau est la partie la plus importante du corps humain ?

Le cerveau ne peut pas fonctionner sans le reste du corps. Chaque partie du corps est très importante et a besoin des autres parties. Le cerveau est en contact permanent avec le reste du corps. Tout fonctionne ensemble.

Pourquoi le cerveau est-il le centre de notre intelligence ?

Il permet de vivre dans l’environnement et de rechercher ce qui est le plus important (manger, boire, se déplacer) et d’autres choses très importantes (apprendre). Cela permet de réagir face à l’environnement.

Comment le cerveau fait-il pour interagir avec le corps ?

Il y a deux façons d’interagir :

  • Avec le cerveau, la moelle épinière et les nerfs. Le cerveau reçoit en permanence de l’information, très rapide. Le nerf passe l’information sous forme électrique au cerveau et le cerveau renvoie l’information au reste du corps (Ex :“Contracte-toi pour enlever ton doigt”)
  • Des molécules sont fabriquées par le corps, les hormones. Le cerveau est capable de sentir ces molécules (par exemple, le stress). Le cerveau essaie de comprendre et de trouver des solutions. Il est en permanence à l’écoute.

Pourquoi quand on lève le bras gauche, c’est la partie droite du cerveau qui commande ?

Le cerveau est organisé en deux hémisphères chez beaucoup d’animaux. Chacun ne fonctionne pas de la même façon. Pourquoi ? Personne ne sait, c’est probablement lié à l’évolution de nos ancêtres aquatiques.

Est-ce que des nouveaux neurones se créent lorsque l’on grandit ?

Quand on est adulte, il y a juste deux zones qui produisent encore de nouveaux neurones :

  • le bulbe olfactif
  • l’hippocampe

donc le nombre de neurones reste à peu près stable toute la vie.

Pourquoi dans le bulbe olfactif ? L’hypothèse est que c’est une région souvent attaquée par les bactéries donc les neurones ont besoin d’être remplacés.

Certains cerveaux fonctionnent-ils moins bien que d’autres ?

Il existe des maladies du cerveau qui touchent une partie du cerveau : la partie du langage, de la mémoire… On essaie de les traiter avec des médicaments. Il est important de continuer à faire des recherches pour comprendre.

Comment êtes-vous sûr, dans une expérience, que l’on utilise la “bonne” technique ?

Par exemple, pour une expérience sur “Comment deux neurones se parlent entre eux ?”

Utilise-t-on :

  • une super loupe ?
  • appareil pour entendre le son ?
  • Est-ce qu’on le stimule ?

Il n’y a pas de « bonne technique » mais plusieurs techniques dans les laboratoires pour mieux comprendre un processus dans son ensemble.

Comment le cerveau fait-il un choix dans les informations à retenir ?

Histoire d’une découverte sur le cerveau, en lien avec le stress :

Quand on a peur, des molécules de stress sont libérées dans le cerveau. L’action en rapport, son but est d’éviter le danger. Ces molécules permettent de mettre en mémoire ces informations liées au danger.

Quand il y a danger mais que j’ai quand même besoin, “ça me fait peur mais en même temps, j’ai tellement faim”, on élabore des stratégies : faire le tour de la vipère, prendre un bâton… Le cerveau trouve des solutions.

Le processus identique pour la nourriture. Si vous êtes affamés, le nez sera alors très très fort pour détecter la nourriture.

Le cerveau des animaux est différent du nôtre mais fonctionne-t-il pareil ?

Entre espèces, les cerveaux ont des formes différentes mais les cellules sont les mêmes : les neurones sont présents et ont la même manière de se parler. Certains cerveaux sont plus ou moins complexes que d’autres selon leur organisation.

Est-ce que les animaux pensent comme nous ?

Manger, boire, éviter le danger : les premiers neurones répondent à ces fonctions de base. Vers midi, des molécules sont libérées qui provoquent la sensation de faim chez l’homme comme chez l’escargot. Par contre, d’autres neurones permettent de faire autre chose, comme apprendre.

Comment se forme l’imagination ?

L’imagination, c’est prendre les informations que l’on connaît pour les mélanger, un peu comme dans des photos dans des tiroirs. On assemble des choses que l’on connaît pour les assembler.

Les animaux ont-ils de l’imagination ?

Très probablement. Ils prennent des informations dans leur environnement. Il sont capables d’élaborer des stratégies pour se nourrir.

Comment on sait qu’un animal a de l’imagination ? C’est un travail de laboratoire, on réalise des expérimentations pour voir s’il est capable de résoudre un problème.

Comment se créent les pensées ?

De quelles pensées parle-t-on ? Il est important de se poser la question.

– la faim ?

– un souvenir ?

Ces différentes pensées ne sont pas au même endroit du cerveau. Les différentes régions sont responsables de différentes fonctions et donc de différentes pensées.

Pourquoi on dort ? Pourquoi fait-on des cauchemars ?

Le cerveau n’est pas éteint quand on dort. Il rejoue en partie ce que vous avez vu ou fait dans la journée. On a besoin de sommeil pour bien se rappeler.

Les cauchemars sont liés aux images de la journée (ou des jours d’avant) qui ont fait peur, qui ont provoqué du stress. Le cerveau reprend ces informations.

Les animaux font-ils des rêves ?

Probablement oui. On peut enregistrer l’activité du cerveau de la souris la nuit. Les cerveaux de l’humain et de la souris fonctionnent de la même manière.

Enfin, avant de partir, Laurent nous a donné quelques informations générales sur le cerveau. Nous les partageons avec vous.

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Il existe deux grands types de cellules dans le cerveau :

  • les neurones qui se parlent tout le temps
  • des cellules qui aident les neurones à fonctionner : les cellules gliales.

Dans le cerveau, il y a environ :

  • 100 milliards de neurones
  • 1 billion de cellules gliales (1×10^12)
  • 500 billions de synapes (500 x10^12) : autant que d’étoiles dans l’Univers !!!

Les synapses sont des espaces de communication entre deux neurones. Les molécules libérées excitent les neurones, l’information passe.

Le mot synapse vient du grec : syn (ensemble), haptein (toucher, saisir, donc connexion).

Il faut des microscopes très très puissants pour les voir (300 nm de long sur 20 nm de large) : les neurones ne se touchent pas. Il y a toujours besoin d’outils de plus en plus puissants pour voir ce qui est le plus petit.

« Quand on apprend, on crée de nouvelles synapses, on crée des chemins, cela permet de mettre en mémoire. Le nombre de synapses va énormément augmenter en grandissant, en enlevant et en créant de nouveaux chemins : les connexions se renforcent ou s’effacent selon qu’elles sont plus ou moins utilisées.« 

C’est fini ! A bientôt !!